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Dans une perspective de développement durable Québec invité à reconnaître et à soutenir une pluralité d’entrepreneuriat

17-mars-2004

(Québec, le 17 mars 2004) L’un des principaux enjeux de la société québécoise est de pouvoir assurer les conditions d’un développement qui intègre des objectifs d’efficacité économique, de rentabilité sociale et d’équilibre écologique. D’où l’i mportance de soutenir une autre logique de développement économique que celle fondée sur le rendement maximal à court terme, comme le fait le Groupe de travail, présidé par Pierre Brunet, sur le rôle de l’État dans le capital de risque.

Devant la Commission des finances publiques, les administrateurs de la Caisse d’économie Desjardins des travailleuses et travailleurs (Québec) (CEDTTQ), messieurs André Therrien, Gérald Larose et Clément Guimond, ont invité le gouvernement du Québec à exercer un leadership dans la reconnaissance d’une pluralité d’entreprendre, particulièrement en assurant un financement adéquat des entreprises de l’économie sociale et solidaire au sein desquelles on retrouve les objectifs de rentabilité économique et sociale et de respect environnemental.

En matière de capital de risque, de capital de développement et de financement, ont-ils plaidé, les besoins des entreprises de l’économie sociale et solidaire au Québec sont les mêmes que ceux des entreprises de l’économie libérale. Toutefois, comme les entreprises d’économie sociale procèdent d’une logique financière différente des entreprises de l’économie libérale, il est important qu’elles puissent compter sur un circuit financier adapté à leur réalité.
La réalité québécoise : une économie plurielle

La CEDTTQ s’explique mal que le Groupe de travail sur le rôle de l’État dans le capital de risque propose un mode d’intervention économique gouvernementale en investissement en passant sous silence l’économie sociale, laquelle génère un chiffre d’affaires de 17,2 milliards de dollars et 124 302 emplois au Québec. L’institution financière, engagée dans l’économie sociale et le développement économique, a prévenu les membres de cette commission qu’une politique publique en matière de développement économique et de soutien des entreprises qui se fonderait exclusivement sur les critères de rendement financier et le libre exercice des forces du marché, comme le fait le Groupe de travail, serait néfaste pour le Québec.

Le gouvernement éloignerait le Québec d’une approche centrée sur le développement durable pour lui faire adopter un modèle de développement économique fondé essentiellement sur une économie de marché qui ne s’intéresse qu’au profit, au rendement et à la croissance. Ce qui est manifestement, selon les administrateurs de la caisse, une vision réductrice et simpliste de l’é conomie et du monde.

Il faut sortir de l’approche binaire privé-public élaborée par le Groupe de travail qui, par ailleurs, ne reflète ni l’environnement économique pluriel dans lequel évolue la société québécoise ni la communauté d’affaires au Québec qui est aussi plurielle.

La CEDTTQ invite le gouvernement à stimuler et à encourager une culture entrepreneuriale collective et non à l’étouffer comme tend à le faire le Groupe de travail en réservant les clés du développement économique et la gestion des fonds aux seuls entrepreneurs privés. L’une des grandes forces du Québec repose sur la concertation entre les différents secteurs de la société civile, les diverses formes de partenariats et les dynamismes locaux et régionaux dans la réponse aux besoins de la population. L’institution financière a souligné la très grande contradiction du rapport Brunet au regard de la nouvelle loi adoptée sur les structures régionales de développement. Alors que le gouvernement remet aux élus municipaux les outils du développement local, le groupe de travail, lui, remet les leviers d’intervention entre les mains des entrepreneurs privés qui ne sont imputables d’aucun résultat sur le territoire !

Consolider l’économie sociale dans une économie plurielle

La CEDTTQ souhaite que les politiques, les choix budgétaires et les législations du Québec tiennent compte de cette réalité plurielle et qu’ils accordent à l’économie sociale une place et des moyens d’accroître sa contribution au développement de la société québécoise. L’é conomie sociale a grand besoin de capital d’investissement, de capital de développement et d’un approvisionnement adéquat des fonds de financement sur les plans local, régional et national.

La CEDTTQ invite le gouvernement à maintenir les contributions publiques dans l’économie sociale de même qu’à maintenir les partenariats avec les fonds d’emprunt économique et communautaire, les centres locaux de développement, le Réseau d’investissement social du Québec, Investissement Québec et ses programmes de financement ainsi qu’une viceprésidence aux coopératives et aux autres entreprises d’économie sociale à l’intérieur d’Investissement Québec.

À propos de la CEDTTQ

La CEDTTQ est une institution financière qui joue un rôle de chef de file dans le financement de l’entrepreneuriat collectif. Son actif dépasse les 340 millions $ et elle génère un volume d’a ffaire annuel de 600 millions. Ces dix dernières années elle a rendu disponibles en financement plus de 400 millions. Sa mission est de contribuer à un Québec plus juste et plus solidaire en soutenant l’entrepreneuriat collectif auprès de quatre réseaux : coopératif, communautaire, culturel et syndical. Elle offre aussi aux individus la possibilité de concilier leur consommation de produits et de services financiers avec des préoccupations répondant à des valeurs d’équité et de solidarité en participant au développement d’une finance et d’une économie solidaires au Québec.


Thérèse Jean
(514) 598-2114