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Alasie Iqiquq, agente de liaison entre le Sud du Québec et le Nunavik pour la CECOSOL
Liaison Nord-Sud
29-août-2008| Alasie Iqiquq (prononcer a-la-ssi i-kir-ku) réalise un grand rêve depuis près d'un an. « Je suis fière d'aider les gens de ma communauté à devenir plus autonomes en répondant à leurs problèmes de financement » déclare-t-elle d'emblée. À tous les jours, elle répond à plusieurs appels du Nord en inuttitut (i-nout-ti-tou-te), ouvre des comptes, s'assure que les dossiers sont complets, inscrit des dépôts directs, etc. |
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Originaire de Puvurnituq (pou-vir-ni-touk), Alasie a rapidement voulu découvrir ce qu'il y avait à l'extérieur de son village. À l'âge de 20 ans, elle partait faire le tour du Nunavik. En 2002, elle s'est rendue dans le Sud, c'est-à-dire à Québec, où elle a vécu pendant trois ans. Ce premier séjour lui a permis d'apprendre le français et d'acquérir une formation en comptabilité. De retour en 2008 dans la capitale nationale, Alasie a obtenu le poste d'agente de liaison entre le Nunavik et le sud du Québec à la Caisse d'économie solidaire.
Depuis le 5 janvier dernier, Alasie travaille donc aux bureaux de la Caisse à Québec. Ses journées « passent vite » car l'ampleur de la tâche est grande. Puisqu'elle parle trois langues, il lui est possible de répondre aux besoins d'un membre en inuttitut, de faire le pont avec un employeur en français et d'aider un Inuit anglophone dans une même matinée. Comment dit-on carte de guichet en inuttitut? Amousivik (a-mou-si-vik). Et puis compte de banque? Quinaujaquvimmi quinaujaqautik (ki-na-ou-ja-kou-vi-mi ki-na-ou-ja-ka-ou-tik). Pas toujours facile, néanmoins, de traduire certains termes financiers, car ils n'existent pas tous en langue inuite. Heureusement dans les communautés, il y a toujours des adultes bilingues qui savent expliquer aux plus âgés ce dont il s'agit.
Les relations qu'entretient Alasie avec les nouveaux membres sont très bonnes. Malgré tout, elle doit parfois tracer une ligne entre le type de services offerts par la Caisse et les besoins sociaux énormes de son milieu. Alasie reste confiante que l'apport de la Caisse saura améliorer les conditions de vie de la population inuite. Cette confiance a aussi été exprimée par plusieurs personnes de son village qui sont devenues membres de la Coopérative de services financiers du Nunavik. Cela, malgré qu'ils aient en mémoire la tentative avortée d'ouvrir une caisse dans leur village il y a une quarantaine d'années.
Alasie espère travailler longtemps pour la Coopérative de services financiers du Nunavik, la voir grandir et y participer activement. La Caisse d'économie solidaire espère aussi que la coopérative permette aux Inuits de redevenir autonomes et de retrouver toute leur dignité.
Pour plus d'information sur la Coopérative de services financiers du Nunavik, rendez-vous sur le Web au www.nunavikfinancialservices.coop. Rappelons que ce projet a été initié par la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec et la Caisse d'économie solidaire avec le soutien de l'Administration régionale Kativik, du CLD Kativik et du Mouvement Desjardins.
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Un peu d'histoire et de culture…
Aujourd'hui, le mode de vie des Québécois et des Inuits diffère surtout à cause des types de climats, des infrastructures en place et de la disponibilité des matériaux et de la nourriture. Le climat aride et froid n'y permet pas la culture de fruits ou de légumes et l'absence d'arbres oblige l'importation des matériaux de construction. Ils doivent donc faire venir du Sud leurs marchandises. Durant toute l'année, de petits avions transportent le nécessaire vers les divers villages du Nunavik. Néanmoins, comme ce moyen de transport est coûteux, le choix des articles reste limité. C'est seulement à l'été que les bateaux peuvent se rendre au Nunavik avec de plus grandes quantités d'objets. Cela a conduit à une grande pénurie de logements. De plus, l'hiver, les familles se nourrissent en grande partie de la viande de la chasse effectuée par les hommes, car ils n'ont pas tous les moyens de s'offrir ce qui est vendu en magasin. La majorité de la population du Nouveau-Québec est protestante ou anglicane. Bien que les Inuits de la région parlent l'inuttitut, les jeunes, qui forment la majorité de la population, apprennent l'anglais et le français à l'école. Néanmoins, le taux de décrochage y est élevé. Finalement, environ 55% des adultes travaillent dans une institution gouvernementale, dans une entreprise privée, telle Air Inuit, ou dans une des multiples coopératives du Nouveau-Québec. |








