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Carole Verreault en congé solidaire inoubliable au Mali
Congé solidaire au Mali
09-avril-2008|
Carole Verreault, coordonnatrice du Service aux entreprises collectives de Québec, a été la première salariée de la Caisse à bénéficier d'un congé solidaire. Rappelons que chaque année la Caisse offre à deux employés de transformer jusqu'à deux semaines de leur congé annuel en stage de coopération internationale et qu'elle verse 5 000 $ par employé participant. Ce programme appelé « Congé solidaire » est offert par l'organisme Uniterra (www.uniterra.org). |
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Lorsque Carole est descendue de son avion à Bamako, capitale du Mali, elle se sentait prête à vivre un choc culturel au cours de ce premier séjour en Afrique de l'Ouest, mais surtout bien préparée à des échanges marquants. Elle participait à une mission organisée par le Centre d'étude et de coopération internationale (CECI) en collaboration avec Uniterra et le Réseau national d'appui à la promotion de l'économie sociale et solidaire (RENAPESS-Mali). L'objectif : renforcer les capacités des réseaux d'économie sociale et solidaire afin qu'ils soient en mesure de fournir des services à leurs membres. Le projet permet également de donner davantage de visibilité et de crédibilité au mouvement de l'économie solidaire tant auprès des populations qu'auprès des dirigeants politiques.
Concrètement, la Caisse d'économie solidaire Desjardins, le Réseau québécois du crédit communautaire (RQCC), le Fonds d'emprunt économique et communautaire (Québec) et les Cercles d'emprunt de Charlevoix ont offert un atelier sur la finance solidaire s'adressant à cinq réseaux d'économie sociale et solidaire.
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Au Mali, qui compte plus de 11 millions d'habitants, le crédit coopératif permet de réaliser des projets de vie. Pendant deux semaines, Carole a partagé ses connaissances et son savoir-faire d'analyste financière et en a acquis tout autant, particulièrement de la part des femmes maliennes qui travaillent au développement des entreprises collectives et de la finance solidaire. |
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À 52 kilomètres de Bamako, dans la petite localité malienne de Siby, plus de 300 femmes n'ayant bénéficié d'aucune scolarisation font vivre leur milieu grâce à la Coopérative de production de beurre de karité. Le beurre de karité est fait à partir de la noix d'un arbre qui ne pousse qu'en Afrique. Il faut 100 amandes pour produire 20 grammes de beurre. Les travailleuses partent à pied en transportant le panier qu'elles utilisent pour la cueillette. En fin de saison, elles marchent jusqu'à 4 kilomètres pour le remplir des noix qu'elles mettront à bouillir comme on le fait avec le sirop d'érable et qu'elles baratteront à la main pour fabriquer le beurre qui entre dans la composition d'un savon très nutritif pour la peau. Leur défi principal reste la mise en marché.
Ces femmes ont accueilli le groupe de mission avec une chaleur inoubliable. Par l'entremise d'une interprète, elles ont parlé de l'importance que l'aide canadienne avait eue dans leur vie, faisant doubler leur revenu qui atteint maintenant 300 $ par année et leur permet notamment d'envoyer leurs enfants à l'école.
Au terme de ce premier partage d'expertises Nord-Sud, Carole a constaté que les Maliens rencontrés ont tous acquis très tôt en famille les valeurs de l'entraide et de la coopération. Pour concrétiser cette approche dans des projets d'économie sociale, les réseaux maliens ont besoin de mettre au point des méthodes d'accompagnement et de suivi des groupes et d'établir des contacts avec des partenaires financiers pour faciliter l'accès au crédit.
Carole Verreault est revenue au Québec avec le goût de retourner au Mali pour approfondir son
expérience culturelle. D'autant plus qu'elle et son équipe de mission sont convaincues que leur
atelier sur la finance solidaire n'est qu'une amorce à des échanges d'expertises qu'elles
souhaitent fructueux et engagés. Entre-temps, les liens restent actifs. Des Maliens participeront
en mai à la quinzaine du commerce équitable. De son côté, Carole n'a pas perdu de temps pour
convaincre les collègues de son centre de services d'acheter aux courageuses cueilleuses de Siby un
âne et une charrette au coût de 500 $ afin de faciliter le transport des si précieuses noix de
karité.







